Autour du terril des PIGES à Dampremy

9
Le terril des Piges fut intrinsèquement lié au développement et à la vie de Charleroi-ville.  Repère visuel au même titre que la Vigie de l’UT, le building du centre Albert, le haut-fourneau n°4 de Carsid, le beffroi ou la tour Jean Nouvel, il est l’un des points forts du paysage. Menacé à plusieurs reprises, notamment lors du projet du R9 dans les années 70 puis de l’aménagement du métro, il fut adopté et sauvé du démantèlement par la ténacité d’un comité de riverains. Lieu d’interventions artistiques comme de balades guidées, c’est aussi là que se croisent naturalistes, photographes, explorateurs urbains, promeneurs et randonneurs… Aux pieds du terril, le sous-bois qui se développe et l’atmosphère forestière qui en émane ferait oublier qu’il fut terre de charbonnage. Une sacrée histoire.

IMG_7262

Formé de plusieurs monticules, le terril s’étend côté Nord-Ouest, à quelques centaines de mètres à peine du centre-ville, entre la chaussée de Bruxelles (RN5), la route de MONS (RN90), la rue Joseph WAUTERS et la rue DECOUX (sur l’ancienne localité de Dampremy) où se situe l’accès principal, derrière la plaine de jeux.  A Dampremy, l’ approche du terril se fait progressivement: une aire de jeu cache le chemin d’accès à la plaine du charbonnage d’où partent de multiples sentiers à travers le site. La plupart d’entre eux explorent les monticules et reviennent invariablement vers la plaine. Le balisage blanc et rouge du GR412 (boucle du Pays noir) permet de traverser le site depuis le Viaduc vers la chaîne des terrils de Dampremy -La Docherie (dans les 2 sens). Une balise barrée (diverticule) indique le chemin d’accès  vers le sommet.  

IMG_7213La montée s’effectue sur le flanc Ouest, dominant le côté industriel le long de la Sambre et du Canal Charleroi-Bruxelles. Paysage impressionnant s’il en est, toutes ces usines semblent si proches. C’est avec ce paysage-là, du haut du terril des Piges,  que l’on prend conscience de l’immensité des terres industrielles dans l’environnement de Charleroi. 

............................................

A ses maisons ouvrières serrées entre terrils et industries, à ses longues rues entrecoupées d’impasses, de ruelles et cours intérieures, l’identité de Dampremy  se dévoile. L’ancienne commune autrefois rurale, à l’instar de la plupart des localités autour de Charleroi, fut entièrement vouée à l’industrie.

IMG_7221

Le sommet des Piges est un promontoire sur la ville, à l’instar des terrils qui émergent du paysage. Les terrils composent une trame verte autour des bâtiments, ils sont des marqueurs, des repères dans la ville. 

IMG_3565

Le terril des Piges est probablement le terril le plus emblématique de Charleroi, le plus visité, malgré qu’il ne soit pas aisément accessible.  Son envergure réelle est masquée par une végétation abondante, un sous-bois d’où s’élèvent les accès au sommet, offrant dès la montée d’impressionnantes vues sur l’environnement industriel, le ring 9, les quartiers, le bassin de Charleroi. Le sommet invite à la contemplation, à prendre le temps, à regarder la ville autrement. 

IMG_7275

Dampremy comptait de nombreux puits d’extraction dont les terrils portent toujours les noms:  Sacré-Français, la Blanchisserie, Saint-Théodore, le Fonds des Piges. Mais il y eut un nombre impressionnant de fosses et de cayats à Dampremy sous les concessions des charbonnages de Sacré-Madame: le Bierrau, Sainte-Barbe, Noire-Mécanique, Moscou, Monseu… La dernière société d’exploitation minière à Dampremy  fut la S.A des charbonnages du Mambourg, Sacré-Madame et Poirier réunis, dont le dernier puits ferma en 1969. 

IMG_7228

Peu de traces subsistent de ces nombreux charbonnages, les terrils en sont les derniers vestiges. Cette photo montre des vestiges de la « mise à terril », des rails et une poulie, découverts récemment lors de travaux d’élagage dans le cadre d’une première gestion écologique du terril. Plusieurs charbonnages ont déversé aux Piges. On connait sur le site deux fosses, celle de Ma campagne et celle du Fonds des Piges, à la rue Decoux, là où se trouve actuellement le magasin Colruyt.

Un mamelon, voilà sans doute la forme qui aura inspiré l’artiste Annie Brasseur, en imaginant son oeuvre d’art, un téton géant rose de 3 mètres sur 2,  posée au sommet du terril des Piges avec pour symbolique  « Charleroi, terre nourricière « .  C’était en mai 2008 lors de la biennale de Land Art sur les terrils de Charleroi organisée par l’ Asbl Rafales. Depuis lors, de nombreux artistes y ont posé des interventions, des installations éphémères, des questionnements et des réflexions sur la ville. Les terrils ne sont pas des monuments de l’industrie houillère, ce sont des lieux vivants, ancré dans la mémoire, dans la géographie et dans l’imaginaire de Charleroi. 

Localisation des prises de vues: le terril des Piges depuis le centre-ville. 2,3,4,5: au sommet du terril des Piges. 6: vestige du déversement du charbon au sommet. 7: le terril des Piges vu depuis le terril de la Blanchisserie.

commentaires
  1. drygalski raymond dit :

    non les mamelon son de moi si tu vien au vernissage au mussè des beaux art mes gravure seron en expo bien a vous jeudi le 11 a 18h30

    • Merci Raymond. Nous avons vu tes belles gravures au Musée des Beaux-Arts à Charleroi. Ca fait plaisir de savoir tes oeuvres au MBArts! charleroi-museum.be/2012/09/07/mbarts-nouvelle-scenographie/

      • Eh bien Raymond, tu sais qu’on a parlé des terrils ensemble, et de celui près de chez toi dont tu nous a montré les photos sur ton portable. Nous sommes Micheline et Francis.

  2. drygalski raymond dit :

    super belle photos

  3. drygalski raymond dit :

    oooooooooooo k le musicien super se que vous faite pour ses monument

  4. drygalski raymond dit :

    je te reconai copain mai je ne savai pas que c etait se mail enfin votre mail.. bien a vous tous et quan vous aver besoin je suis là

  5. Bonjour,

    Aux abords du sentier d’accès vers le premier plateau, un tout petit peu en hauteur, se trouvent les tombes des puits (Siège Ma Campagne) de ce charbonnage Sacré-Madame. A voir !

    • Merci Gilles! Ces plaques (tombes) rappellent l’emplacement des puits et l’environnement industriel attenant, lequel est souvent impossible à imaginer aujourd’hui, sans la mémoire des « anciens », des riverains et des photographes-témoins.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s